Comment perdre 80000 euros dans un deal FOIREUX en Colombie

RMIF - Deal immobilier foireux


En 2014, j’ai fait un investissement immobilier en achetant un terrain de 5 000 m2 en Colombie pour 80 000 euros afin d’y faire construire une maison avec ma femme. Malheureusement, ça ne s’est pas exactement passé comme nous l’avions prévu…
La suite dans la vidéo 😉

 

Transcription texte de la vidéo:

Dans cette vidéo, j’aimerais vous expliquer comment j’ai failli perdre 80 000 euros dans un deal immobilier foireux en Colombie et puis surtout qu’est-ce que ça m’a appris, qu’est-ce que cette expérience m’a appris.

Il faut que je vous explique.

Moi, j’habite depuis une an en Colombie, dans une petite ville qui s’appelle Yopal, c’est là où on est, c’est la ville d’où est originaire ma femme, c’est là où elle a sa famille.

C’est une petite ville d’à peu près 100 000-150 000 habitants. C’est quand même assez rural.

Je ne sais pas si vous voyez, mais vous prenez la moto, en trois minutes vous êtes à la campagne, entre les champs.

Il faut savoir que la Colombie c’est un pays qui est en plein boom, j’en ai souvent parlé sur mon blog.

C’est un pays qui, depuis 2004, a une croissance annuelle de 4 %, ça construit énormément.

Si vous voyez là-bas il y a des grues, il y a certainement d’autres projets, il y a des projets partout en fait.

Ça construit ici, ça construit dans la capitale, à Bogota, ça construit sur la côte.

Il faut savoir que, par exemple, le prix des terrains ici a augmenté, je ne sais pas, de fois trois en cinq ans peut-être.

En fait, il y a un an, on a eu l’opportunité, avec ma femme, d’acheter un terrain de 5 000 m2.

J’en ai même parlé sur mon blog, j’ai fait une vidéo.

A l’époque, je pensais acheter ce terrain et puis faire construire ma maison dessus pour habiter avec ma femme.

Et puis, en fait, on a changé de projet.

Ce qui s’est passé, je vais vous expliquer, c’est qu’on a acheté ce terrain et moi à l’époque j’étais en déplacement en France, j’ai dit à ma femme « C’est bon, tu signes », etc.

Je suis rentré, j’ai regardé le papier, je l’ai lu, donc c’est un document en espagnol, je me suis dit « Tiens, c’est bizarre, ce n’est pas le droit de propriété c’est en fait le droit de jouissance du terrain ».

Il faut que je vous explique.

J’adore la vue, la vue de la montagne là-bas, vous voyez ?

Ça c’est un truc extraordinaire, je trouve ça vraiment génial, c’est en fait parce qu’on est dans les plaines, il y a toute une chaîne de montagnes comme ça.

Moi, je trouve ça hyper joli.

Ce qui se passe c’est que comme ici c’est rural, il y a un plan d’urbanisme et en fait on ne peut pas construire partout où on veut.

Ce qui se passe c’est que pour limiter la création de nouvelles maisons en dehors de la ville, etc., en fait, on ne peut pas faire des écritures pour un terrain pour moins de, je crois, 2 hectares et nous, en fait, on a un demi hectare.

Ce n’est pas possible d’aller enregistrer du fait qu’on a acheté un terrain de 5 000 m2, ce n’est pas possible puisque c’est un demi hectare et le minimum qu’ils peuvent enregistrer c’est 2 hectares, justement, pour multiplier les gens qui achètent des terrains et pour limiter les constructions en dehors de la ville.

Les gens entre eux se font ce type de contrat, ce qu’on appelle un « compromito de compraventa », quelque chose comme ça.

C’est en fait un contrat entre deux particuliers qui stipulent qu’il y en a un qui délègue la jouissance du bien à l’autre.

Un des oncles de ma femme, il a sa maison en dehors de Yopal et c’est comme ça qu’il a acheté le terrain.

Sur le papier, ce n’est pas lui qui est propriétaire de cette parcelle, c’est quelqu’un qui est propriétaire d’une parcelle qui est plus grande, je crois qu’il a peut-être une hectare.

Mais en tout cas, ça ne l’a pas empêché de construire sa maison.

En fait, ça c’était la première chose.

J’ai dit à ma femme « OK, imaginons le type qui nous vend le terrain il fait banqueroute et les banques viennent après lui, ils vont me dire : Monsieur, vous êtes sur notre terrain ».

On est allé voir la notaire, la notaire nous a dit dans ce cas-là il y a une procédure en justice, c’est original, si vous allez en justice, si vous faites une procédure, c’est la personne qui a la jouissance du terrain qui a gain de cause.

Je me suis dit OK, pourquoi pas.

Il faut savoir que le prix où on l’a eu, 80 000 euros, c’est cadeau. C’est un terrain qui vaut peut-être trois fois plus.

Si on le découpait, c’était un peu notre idée, de découper des parties, de vendre la moitié, on allait avoir la moitié du terrain gratuitement et on n’avait plus qu’à mettre l’argent pour construire la maison.

Il faut savoir que le vendeur c’est un entrepreneur d’ici qui a fait fortune, c’est-à-dire qu’il y a 25 ans il vendait des chaussures, ma belle-mère le connaît, et aujourd’hui il a une boîte de construction, il vend des matériaux de construction, il investit partout, etc., il a beaucoup d’argent.

Ma belle-mère le connaît depuis 20 ans, mon beau-père le connaît également.

Ils m’ont dit « C’est quelqu’un de bien, il n’y a pas de problème ».

Et quand on a fait la transaction, puisqu’en fait on avait mis, je ne sais plus, 10 000 euros en acompte et ensuite j’ai transféré l’argent depuis la France et je lui ai donné le solde, et quand on lui amené le chèque il nous a dit « S’il y a un problème avec le terrain, pas de souci, je vous rembourse ».

C’est vrai qu’il est quelqu’un, voilà, ça se voit qu’il est super intelligent, il présente bien.

Ce qui s’est passé c’est que quelques mois plus tard, déjà on voulait faire construire une maison, l’architecte nous a plantés, je ne sais pas, apparemment il n’était pas très motivé, donc il a disparu.

Et après, ce qui s’est passé c’est qu’on s’est rendu compte, je ne sais plus comment, il y avait plusieurs étapes, mais grosso modo on a dit au vendeur, on s’est aperçu qu’il n’avait pas le contrat de vente que lui il avait fait avec le vrai propriétaire.

Il nous a dit « C’est mon avocat qui l’a, je vais le chercher ».

Alors, deux semaines, trois semaines, on s’est dit c’est quand même chiant.

On lui a dit « Est-ce que tu peux voir avec le propriétaire pour qu’il nous fasse directement à nous le papier pour dire qu’il nous l’a vendu à nous ? », et voilà.

Et c’est là où on s’est rendu compte qu’en fait le propriétaire, je ne sais plus si c’était celui qui le lui avait vendu ou alors si c’était un neveu, mais grosso modo il n’était pas très coopératif.

Ça devenait compliqué et moi j’ai dit à ma femme « C’est bon, ça me prend la tête, on laisse tomber, je vais lui demander qu’il nous rende notre argent ».

On sentait qu’il n’était pas très chaud pour nous rendre notre argent, ce qui peut se comprendre, mais c’est un truc qu’il avait dû acheter 10 000-15 000 euros à tout péter, mais il y a 5 ans.

Moi, je voulais qu’il nous rende notre argent et ce qui s’est passé, c’est que ma belle-mère m’a dit « Écoute, je pense que c’est un super business puisque effectivement pour quelqu’un qui est sur place, qui peut faire les démarches, convaincre les gens, machins, etc., à droite et à gauche pour clarifier la situation au niveau juridique c’est un super business parce que c’est un très beau terrain, pas cher ».

Et donc, ma belle-mère ma dit « Toi, tu vas rester en Colombie, on a acheté un appartement à Bogota il y a 2 ans, eh bien, je t’échange mon appartement à Bogota », ils avaient acheté le même prix, 80 000 euros, qui s’est valorisé depuis puisque les prix augmentent assez vite en Colombie, « Et je te l’échange contre le terrain ».

Et je lui ai dit « Écoute, OK, pas de souci ».

Donc, on allait faire les papiers, il y a donc le vendeur, la personne qui nous avait vendu le terrain, qui appelle ma belle-mère, qui se connaissent, et lui dit « Écoute, j’ai retrouvé le papier, mais il y a un petit problème c’est que ce n’est pas 5 000 m2, c’est 3 000 m2 ».

Là, coup de pression. Ma femme m’a annoncé ça, je peux vous dire qu’on n’était pas bien.

Elle y est allé tout de suite avec ma belle-mère et mon beau-père, le vendeur partait de son bureau, il leur a dit « OK, demain matin ».

Le lendemain matin, première heure, 7h du matin, ils y sont allés, elles ont débarqué, Nicolas a dit à ma femme « Alors, qu’est-ce que je peux faire pour vous ? », elle a dit « Je veux mon argent tout de suite ».

En fait, elle est partie, ça a duré des heures et c’est parce qu’il lui a rendu l’argent tout de suite, en liquide, 80 000 euros.

Il y avait, je pense, c’est même pas je pense, je suis sûr, il y avait deux sacs à main plein de billets, parce qu’il faut savoir qu’en Colombie 1 euro c’est 2 500 pesos colombiens.

C’est souvent des billets de 50 000, 100 000 etc.

Donc, il y avait deux sacs à main plein de billets.

Il a tout sorti du coffre et il a emmené ma femme dans sa voiture blindée, ça fait un peu comme dans les films, mais oui, effectivement, il a une voiture blindée, un gros 4×4 qui est blindé, et il l’a emmenée à la banque et ils ont déposé l’argent sur le compte, plus 5 millions de pesos, ce qui représente 2 000 euros puisqu’en fait c’était écrit dans le contrat que, je ne sais pas, si on défaisait le business il devait payer, c’était plus, c’était 20 millions, mais bon, voilà, il ne voulait pas payer plus, nous après de toute façon on était content de récupérer l’argent.

C’est pour la petite histoire, j’ai récupéré l’argent, on a acheté un appartement.

Pour vous expliquer, la morale c’est quoi ?

La morale c’est que si vous avez un business, une affaire, une opportunité qui a l’air trop beau pour être vrai, parfois c’est qu’effectivement, ce n’est pas vrai, c’est-à-dire que c’est une arnaque.

Ce n’était pas une arnaque puisque le type je continue à croire que c’est quelqu’un de sérieux, d’ailleurs il nous a remboursé.

Mais voilà, c’était quand même assez compliqué et évidemment il y avait des choses compliquées dans ce dossier.

Ça aurait pu se faire avec ma belle-mère, ça reste quand même un très beau terrain, très bien situé et pas cher.

Donc, il y avait du potentiel, mais voilà, c’était compliqué et au final ça ne s’est pas fait.

Ce que je veux dire c’est que, voilà, il faut faire attention parce que je peux vous dire que quand je voulais récupérer mes sous, enfin, quand c’est lui qui avait mes sous, je peux vous dire que je ne me sentais pas très bien puisque c’était un peu toutes mes économies d’une vie de travail et vous vous sentez idiot d’avoir perdu toutes vos économies, toutes ces années de travail pour rien.

Il faut faire attention.

Je me suis senti idiot parce que je me suis senti trop gourmand.

Il faut faire attention, il ne faut pas être trop gourmand, justement.

Et du coup, on a acheté un appartement ici, un appartement neuf qu’on a trouvé très joli, qui est déjà en location, on a trouvé rapidement un locataire alors que le prix était assez élevé.

On l’a payé 50 000 euros et il rapport du 8 %.

C’est 9 %, il y a 1 % qui est l’administration de l’immeuble, c’est nous qui le payons.

Et donc, voilà, il nous reste 8 %, ce n’est pas le placement de l’année mais je voulais investir en Colombie et c’est déjà un placement.

Je vous dis à très bientôt !


3 Comments

  • Christopher L

    Reply Reply 20/02/2015

    Merci pour le partage de ton expérience.

    Quelle histoire ! En tout cas, ça me tente pas d’aller faire du business dans cette région du monde 🙂

    A bientôt !

  • Yamtala

    Reply Reply 25/02/2015

    Une histoire vraiment incroyable ça me rappelle toujours le fait qu’il faut prendre assez de temps pour tout vérifier scrupuleusement avant de se lancer dans une affaire surtout si l’enjeu est important avec autant de sous.
    perdre 80 000 euros je n’ose même pas y pensé, Vous avez vraiment failli …

  • Xolali

    Reply Reply 03/03/2015

    Salut Aurélien,

    2000m2 de différence ? C’est énorme !
    Il est clair que si vous n’aviez pas fait attention, vous ne les aurez jamais revu.
    Par contre 80 000 en liquide en Colombie ? lol.
    Je ferai très attention en rentrant chez moi !

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